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DYLATH-LEEN - 22/10/2011















  Bien que DYLATH-LEEN ne se fasse pas rare dans notre contrée, un halo mystérieux entoure encore ce groupe. Que peut-il bien se cacher derrière ce nom aux volutes cauchemardesques en cohérence avec un univers angoissant ? Malgré la noirceur et la tristesse qui émanent de ses mélodies techniques, le quatuor français révèle ses secrets dans la bonne humeur et sans manquer d'humour. À l'occasion de la sortie tant attendue de 'Cabale', leur troisième et trépidant opus, Monsun interroge Kathy, Igor, Bertrand et Jeremy pour Metal Zone afin de vous faire découvrir ce monde à part que DYLATH-LEEN a su construire et qui n'est pas forcément explicite ! Une interview enrichissante réalisée dans une loge obscure. Ambiance...

Metal Zone : Pour commencer, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous rappeler dans les grandes lignes l'histoire de DYLATH-LEEN ?

Kathy : La formation stable de DYLATH-LEEN date de 1999. Nous avons très vite eu l'envie de faire un album complet et bien produit. Nous sommes entrés en studio assez rapidement, en 2001 pour 'Insecure'. Les retombées ont été bonnes, nous avons enchaîné des dates de plus en plus importantes, des premières parties de plus en plus sympa. Nous nous sommes créé un petit réseau en France, en Belgique et en Hollande. Nous avançons crescendo en profitant des différentes scènes.

Metal Zone : Pour compléter l'introduction, pouvez-vous définir la musique de DYLATH-LEEN ?

Kathy : C'est très difficile pour nous de définir notre musique, nous ne savons pas nous-mêmes ce que nous faisons...

Bertrand : ...Il y a des racines death metal évidentes et un côté plus atmosphérique que mélodique.

Jeremy : En fait, il y a un fil rouge death metal autour duquel nous ramenons toutes nos influences. Cela va du rock progressif, en passant par le néo, le death technique... Il y a de tout, tout ce qu'on écoute. Sauf le reggae, parce qu'on en écoute aussi ! (rires) Nous mélangeons vraiment plein de choses, nous avons donc cette trame 'death' mais on ne se limite à rien du tout, tant que ça nous plaît.

Igor : Voilà, on ne se donne aucune contrainte créative et on va où les morceaux nous emmènent, sans bride.

Bertrand : C'est ce qui fait qu'on peut avoir des chansons très atmosphériques et lentes ainsi que des morceaux plus speed sur le même album sans que ça aie l'air d'être deux groupes différents.

Metal Zone : J'en viens maintenant à la description que vous en faites sur Myspace : ''Death Metal Lovecraftien''. Qu'entendez-vous par là ?

Igor : Quand on a fondé le groupe, on s'est retrouvé autour d'une table en se demandant ce qui nous réunissait humainement. On ne se connaissait pas encore bien et il s'est trouvé qu'en faisant ce tour de table, notre point commun évident était que nous lisions tous la même littérature, on était tous passé par une ''case Lovecraft''. Lovecraft, auteur plus connu dans les années 1920 aux Etats-Unis pour avoir inventé le fantastique dans sa version moderne. On aime tous beaucoup les ambiances qu'il a créé sur le plan littéraire, en plus du personnage qui est un génie de son époque, très visionnaire. Cet 'amour' pour lui a été dévié sur la musique avec la volonté de recréer les mêmes atmosphères à travers le death metal. C'est un peu contradictoire en apparence parce que Lovecraft détestait la musique. Malgré tout, on s'est lancé cette seule contrainte créative d'évoluer autour de l'univers de Lovecraft pour lui rendre un certain hommage à travers la musique.

Metal Zone : Est-ce que les gens qui connaissent cet univers le ressente dans votre musique ?

Igor : Oui ! Aujourd'hui, les gens qui sont également passionnés par Lovecraft attendent des clins d'œils dans nos textes. Ils les fouillent pour y retrouver des fondements littéraires. D'un autre côté, il y a des personnes tout à fait indifférentes à cela, voire même qui ignorent l'univers dans lequel on voyage.

Jeremy : Il y a aussi des gens, fans de Lovecraft qui nous ont découvert sur le net. Ils ne sont pas forcément fans de death metal alors ils lisent simplement nos textes. Il y a plein de gens qui sont venus à nous par le biais de Lovecraft.

Igor : On s'est retrouvés chroniqués sur des sites de jeux de rôles, ce qui est assez inattendu mais amusant !

Metal Zone : Vous utilisez un anglais assez compliqué, reprenez-vous des extraits de Lovecraft ?

Bertrand : On a utilisé quelques citations...

Kathy : ...Mais ce n'est pas ça qui compose le plus souvent les textes. Comme on est parti de l'idée de rendre hommage à la littérature de Lovecraft, autant écrire des textes un peu 'fouillés'. C'est-à-dire que nous n'écrivons pas un texte sur un coin de table en se disant 'voilà, ça ira !' Quand on réfléchit à un concept, sans qu'on soit écrivains pour autant, on essaie vraiment de faire ça soigneusement.

Igor : Sur 'Semeïon' (second album du groupe, nda.), notamment, nous avons repris un poème de Lovecraft, 'Despair', en guise de clin d'œil et où le vieil anglais est bien présent.

Metal Zone : Pouvez-vous parler un peu de votre tournée avec ARCH ENEMY ? Comment cela s'est-il fait et comment cela s'est passé ?

Kathy : Cela s'est fait parce que nous étions en contact avec le groupe. Angela avait décidé il y a longtemps d'écrire un bouquin sur les femmes dans le metal et elle cherchait une représentante dans chaque pays. Elle a donc pris contact avec nous et a organisé une interview pour savoir comment je voyais les choses par rapport au metal, etc. Et depuis, on a gardé contact via mail en la tenant au courant de notre actualité. Puis, on est venus à faire une première date avec ARCH ENEMY lors d'un festival en Belgique, suite à l'annulation d'un autre groupe et on a donc pu se revoir. Lors de leur dernière tournée française, nous avons découvert que nous étions bookés avec eux. Nous n'étions pas au courant ! C'est Angela qui a choisi deux groupes dont Dylath-Leen. Ce sont vraiment des gens très abordables, sympathiques, ouverts,... Et on garde le contact !

Jeremy : Ouais mais ils ne nous ont quand même pas demandé avant ! (rires)

Kathy : Je pense qu'on refera quelques dates avec eux à l'occasion. Ça s'est vraiment bien passé !

Metal Zone : A part en France, où êtes-vous allés avec eux ?

Igor : En plus de la France, donc, nous avons fait la Belgique et le Luxembourg.

Metal Zone : Venons-en à 'Cabale', votre troisième album, qui est enfin sorti ! Quelles en sont les premières retombées ?

Bertrand : On a vu une chronique officielle sur un webzine, d'autres qui vont arriver et on a surtout le retour des gens qui l'ont écouté.

Kathy : Nous recevons des avis positifs, nous avons une bonne chronique générale.

Jeremy : Oui, la chronique qu'on a reçu était très bonne, maintenant on attend les mauvaises... Avis aux amateurs !

Bertrand : On voulait un album très sombre, mélancolique et pour l'instant c'est le retour qu'on en a.

Jeremy : La musique nous aide à mettre en avant notre part d'ombre, parce qu'à la base on est plutôt cool et gentils et c'est vrai que nous avons notre petit côté obscur qui traîne dans un coin que l'on a réussi à partager humainement puis à mettre en musique. En dehors de notre passion pour Lovecraft, nos côtés sombres sont concentrés et jaillissent à travers notre musique.

Metal Zone : Et s'agit-il toujours d'un album concept ?

Kathy : Oui, toujours par rapport à Lovecraft.

Jeremy : 'Cabale', c'est le troisième tableau d'un triptyque assez logique et vaste à la fois...

Igor : Le premier album, 'Insecure', permet de se poser des questions sur un sentiment qu'on avait lorsqu'on a fondé le groupe. Le sentiment d'insécurité ambiante dans la société, comment elle tourne, l'idée d'individualité très forte qui mène à la souffrance, à une solitude subie et à l'isolement. L'isolement, c'est tout à fait le propos de 'Insecure'. Avec le second album, 'Semeïon', on va plus loin en se demandant si la souffrance peut être intérieure. 'Semeïon' parle de la maladie mentale où chaque titre évoque une maladie différente, une souffrance différente. Nous avons mis des personnes en situation qui expliquent leur souffrance. Avec 'Cabale', on effectue un retour vers l'extérieur, c'est-à-dire sur la personne saine et le monde qui va mal dans lequel se forment des groupes de pression pour coincer les individus dans des projections de vie qui ne leur appartiennent pas. Il y a un côté 'destinée' dans 'Cabale'.

Jeremy : Et là où c'est fort, c'est que tout se passe dans une trame mythologique, complètement lovecraftienne. On part du monde d'avant, on passe par celui de maintenant et on arrive au monde après l'apocalypse avec le retour des 'Grands Anciens' (divinités extraterrestres lovecraftiennes. Le plus célèbre d'entre eux étant Cthulhu, nda.)

Bertrand : Plus simplement, on évoque les signes de la fin des temps annonçant le retour des 'Grands Anciens'.

Metal Zone : Et pour la suite, alors ?

Kathy : Oh ! Nous ne sommes pas encore dessus !

Igor : Disons que musicalement oui mais pas encore conceptuellement. C'est une vraie problématique qu'on a commencé à se poser mais il n'y a pas encore d'évidence qui nous tombe dessus.

Bertrand : De toute façon, si ce qu'on a écrit sur 'Cabale' se produit, il n'y aura jamais de quatrième album ! (rires)

Metal Zone : Sinon, comment s'est passé la réalisation de 'Cabale' ? Qui écrit ? Qui compose ? Comment travaillez-vous, en fait ?

Kathy : Généralement, c'est Igor qui ramène le squelette des morceaux, leurs trames à la guitare. Ensuite, chacun brode autour pour arriver au morceau complet. Et seulement après on ajoute le chant.

Metal Zone : Ah oui ?!

Kathy : Oui, d'abord on crée l'ambiance puis on réfléchit à ce que ça nous évoque comme thème, comme sentiment, tout simplement. A partir de là, on écrit les textes et on se donne la contrainte d'un thème global pour l'album. C'est tout le temps comme ça qu'on procède, ça fonctionne et ça nous convient bien.

Metal Zone : Cela vous est-il déjà arrivé de ne pas trouver de paroles pour un morceau ?

Kathy : Il y a des morceaux pour lesquels c'est plus dur en effet, parce qu'on doit partir dans une certaine direction plutôt qu'une autre. Et c'est vrai que pour un titre sur 'Insecure', ''Criminal Art Extravagances'' c'était le cas, nous n'arrivions pas à trouver des paroles. On trouvait que le morceau se suffisait à lui même et qu'il n'avait finalement pas besoin de paroles.

Jeremy : On a essayé d'en mettre...

Kathy : ...et finalement on ne s'est pas forcé à mettre du chant alors que le morceau était très bien comme ça ! Depuis ce n'est plus arrivé mais ça pourrait encore se passer.

Metal Zone : Parlons maintenant de la très belle pochette de 'Cabale', réalisée par Seth de SEPTIC FLESH. Comment êtes-vous arrivés à cette collaboration ?

Kathy : En fait, on écoute SEPTIC FLESH et personnellement, j'avais eu un coup de cœur pour leur album ''Sumerian Daemons'' duquel j'avais épluché la pochette que je trouvais superbe, très recherchée et travaillée. Je trouvais qu'elle aurait pu coller à notre musique, avec son côté très sombre, malsain et à la fois très artistique et assez féminin, dans le fond. Pour 'Cabale', il n'y avait pas grand chose qui nous venait par rapport au thème pour la pochette donc on s'est dit qu'on contacterait bien Seth.

Jeremy : C'est aussi quelqu'un qui est assez proche du milieu lovecraftien.

Igor : Il y a d'ailleurs un morceau sur 'Communion' qui s'appelle ''Lovecraft's Death''. C'était comme une évidence pour nous, on devait se rencontrer ! Chose que j'ai faite en Belgique, à Méan, où je suis allé discuter avec lui de ce point commun et on a gardé contact par mail.

Bertrand : Il y a deux ans, lors de la tournée de SEPTIC FLESH avec VADER, on lui a parlé du groupe et de 'Semeïon', un terme grec qu'il a bien sur reconnu. Comme on est plus ou moins restés en contact avec lui, quand on lui a demandé de faire l'artwork de 'Cabale', il se souvenait de nous et il a accepté.

Kathy : Avec le thème général de l'album, il nous a fait ça en quinze jours !

Bertrand : Il a simplement lu les paroles sans entendre la musique et il nous a fait notre pochette.

Jeremy : Il nous a fait une dizaine de versions pour chaque image ! C'était hallucinant !

Igor : Il a vraiment fait un travail monumental.

Metal Zone : Le public l'a découvert assez vite cette pochette, par rapport au contenu de l'album...

Bertrand : Oui, parce que l'album devait sortir beaucoup plus tôt. On avait un planning du type : on dévoile l'artwork puis on sort le CD.

Kathy : Mais les choses ne se passent jamais comme il le faudrait ! Sinon c'est trop facile ! (rires)

Jeremy : Quand c'est trop facile, c'est pas rigolo !

Igor : On déteste la facilité !

Kathy : Quoiqu'on aimerait que ce le soit, parfois, facile...

Igor : Non... NON !

Bertrand : Mais il faut dire que Seth travaille très bien et vite...

Igor : Pour lui, ça a été facile, voilà ! Bravo !

Metal Zone : Pouvez-vous expliquer la symbolique de cette pochette ?

Kathy : Sur la pochette, il y a donc une femme. Sur le côté, il y a une tête humaine qui est prise par celle d'une pieuvre. Cela symbolise un 'Grand Ancien' qui prend le pouvoir sur l'homme. L'œil est blanc, ce qui prouve que les entités lovecraftiennes dominent déjà les hommes.

Jeremy : Les entités absorbent l'homme.

Kathy : D'où le fait que 'Cabale' soit le thème global.

Igor : Dans le mythe de Lovecraft, il y a des communautés humaines qui travaillent au retour des 'Grands Anciens' puisque la Terre leur appartenait avant. Ces communautés finissent elles-mêmes par se métamorphoser et perdent leur humanité à force de vouloir faire revenir des dieux qui n'ont rien à voir avec les ambitions humaines. On a donc l'humain qui se perd en lui-même à travers cette mythologie. Le symbole qu'il y a derrière, c'est l'humanité qui disparaît, en fait.

Jeremy : Mais il ne faut pas le dire, ça ferait peur à trop de monde ! (rires)

Metal Zone : Bien que peu présent, le chant clair est bien mis en valeur sur 'Cabale', est-ce voulu ?

Kathy : Non, cela vient vraiment de ce que m'inspirent les morceaux. C'est comme la musique, je ne me dis pas qu'il faudrait un morceau plus death ou plus calme... Ça vient et je fais en fonction. Pour ''Forever Still'', forcément, vu l'ambiance générale du morceau, je trouvais que c'était plus logique d'apporter une certaine sensibilité par la voix claire et d'y mêler le côté sombre et malsain avec les voix death. Cela s'imbrique naturellement. Sur plusieurs morceaux de l'album, il n'y a que des petits crochets en voix claire et sur le reste il n'y en a pas parce que je ne l'ai pas senti, tout simplement.

Metal Zone : D'ailleurs, Kathy, comment gères-tu ton chant death ? N'est-ce pas trop épuisant ?

Kathy : Non. Certes, c'est un type de chant particulier mais une fois qu'on le maîtrise, ça passe tout seul !

Metal Zone : Sinon, derrière toute cette symbolique lovecraftienne, avez-vous un message à faire passer à travers votre musique, vos paroles ?

Igor : Non, on est assez ouvert. On a pris le parti de rester en dehors des enjeux politiques ou religieux... Nous n'avons pas de revendication primaire.

Jeremy : On donne notre vision des choses sans essayer de convaincre les gens.

Igor : Par contre, je pense que comme on parle de souffrance dans nos textes et ce depuis le début, des gens se sont peut-être sentis compris s'ils ont vécus les mêmes choses. Cela dans des univers mentaux différents, bien sur. Je crois vraiment que certaines personnes peuvent se retrouver dans nos paroles par les souffrances qu'ils ont pu vivre de leur côté. Sortis de là, si nous arrivons à faire découvrir Lovecraft à quelques curieux, tant mieux mais ce n'est pas notre but. On ne fait pas de prosélytisme.

Jeremy : Non, on n'en fait pas, je ne sais même pas ce que c'est ! (rires)

Metal Zone : Pour l'instant vous profitez du succès de 'Cabale' mais pensez-vous déjà à la suite ?

Kathy : En effet, là c'est encore frais donc pour l'instant on a surtout envie de tourner pour partager les morceaux avec le public et prendre du plaisir sur scène. On veut partager notre passion avec le plus de monde possible et après on verra !

Bertrand : Et si les idées viennent, on les mettra dans une boîte pour les ressortir au bon moment. On ne se force pas à tourner une page pour en écrire une nouvelle.

Jeremy : Nous suivons l'ordre des choses.

Metal Zone : Y-a-t-il déjà des dates prévues ?

Kathy : Il n'y a encore rien de sur, nous n'avons rien à dire là-dessus pour le moment, malheureusement.

Jeremy : On y travaille !

Metal Zone : Enfin, avez-vous quelque chose à ajouter pour terminer ?

DYLATH-LEEN : « Que Cthulhu te piétine ! »

Igor : Oui, c'est un message très important parce qu'il va le faire, il y a un prophétie !

Monsun
 
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